Dans les anciennes carrières de Roussillon et Rustrel, la nature et l'homme ont sculpté des formes extraordinaires telles que des dunes, des rochers, des falaises et, les célèbres "cheminées de fées".

Le paysage des ocres

Les cheminées de fée et d'ocres

Dans les anciennes carrières et les mines abandonnées de Roussillon et de Rustrel, la nature sculpte des formes extraordinaires : des dunes ciselées, des rochers aux faux airs d'Australie, des arêtes dentelées et des aiguilles insolites appelées, les « cheminées de fées ».

Le sable ocreux du Pays d'Apt se prête facilement à l’érosion. Quelquefois, la pluie, le ruissellement, le gel, taillent une forme de pilier. Lorsqu’un morceau de roche plus solide et plus ferreuse, couronne ce fragile obélisque, il est en quelque sorte protégé par une cuirasse ou un chapeau. S'il s'écroule, la cheminée de fée disparaîtra rapidement.

Le paysage du Massif des ocres, fragile et parfois éphémère, est en constante évolution.

Une végétation unique en Provence

Au milieu de la Provence calcaire émergent quelques îlots de silice. Ce sont les affleurements du Massif des Ocres où se développe une flore unique dans le Sud de la France. La végétation des ocres est caractéristique de ce milieu sableux, ferreux et acide.

Avant l’exploitation des ocres, les feuillus prédominaient dans ces forêts du Pays d'Apt. A partir du XIXe siècle, en déboisant pour atteindre l’ocre, l’homme a favorisé l’expansion des résineux. Certains documents attestent que les ocriers importaient des graines de pins maritimes pour stabiliser les sols après l’exploitation. En dehors des résineux, les châtaigniers peu communs par ici, prospèrent dans le sable ocreux, si le milieu est plus humide.

Les sous-bois donnent une ambiance de maquis à la Provence. Le ciste à feuille de laurier associé à la bruyère à balais - qui porte bien son nom puisqu’on l’utilisait pour les fabriquer - et la bruyère callune aux jolies fleurs roses, ajoutent des couleurs vives. Les orchidées sauvages sont fréquentes ainsi que la garance, une plante tinctoriale utilisée autrefois pour produire un colorant rouge vif.

Six espèces végétales psammophiles de petite taille, mais rarissimes sont protégées (la Loeflingie d’Espagne aux fleurs vertes, la Gagée de Bohème aux fleurs jaune vif, ..). Ces espèces se sont adaptées à ces sols très filtrants en développant un système racinaire superficiel. 

La faune des ocres : un enjeu écologique

Certains sites ocriers sont dotés de mares éphémères, souvent tributaires de la pluie. A la colline de la Bruyère à Villars (Espace Naturel Sensible), la "mare aux américains" est précieuse pour toute une faune locale. Le crapaud à couteaux y prospère particulièrement.

Les chiroptères montrent une diversité remarquable et se plaisent dans les galeries des anciennes carrières creusées par les ocriers. Certains sites sont classés gîtes majeurs d’intérêt national, en particulier pour les colonies de Minioptères de Schreibers, de Grands rhinolophes et de Petits rhinolophes. Un programme de mise en sécurité est mené par le PNR du Luberon et le Groupe Chiroptères de Provence.

On rencontre plusieurs espèces d’oiseaux : la mésange charbonnière, le rouge-gorge, le rossignol Philomèle, le coucou gris. Le guêpier d’Europe au plumage multicolore, qui doit son nom à son régime alimentaire fait de guêpes, de cigales et de frelons, apprécie de nicher dans les falaises d’ocre.

Ci-dessus : le guêpier d'Europe

Dans les landes de bruyère arbustives, certains papillons comme l’Azuré commun ou la Mégère, sont assez faciles à observer, ainsi que la Silène à l'orée de la forêt.

Situer le projet OGS Ocres du Luberon